Le débat sur la réouverture des maisons closes passionne les français. La série que Canal + a lancé fait de l'audience. Cela rassure de la motivation  des français pour des  " interdits " . Ils seraient favorables à 59°/ selon le sondage pour la réouverture de ces maisons closes. C'est plutôt la députée de Seine-et-Marne Chantal Brunel qui sera bien contente car dans son livre, elle propose de remettre au goût du jour les lupanars, au nombre de 1 400 avant que l'Etat n'ordonne leur fermeture en 1946. Son idée : protéger celles qui exercent le plus vieux métier du monde en leur permettant de travailler au grand jour dans des lieux qui leur seraient réservés, comme cela se fait depuis une quinzaine d'années en Suisse, en Allemagne ou aux Pays-Bas. En les sortant de la rue et de la clandestinité, la députée espère mettre fin à l'exploitation et à la maltraitance dont sont l'objet de plus en plus de péripatéticiennes. Une telle mesure permettrait, selon elle, d'éliminer les réseaux mafieux et leur offrirait davantage de sécurité que la rue.

      C'est ,ma foi, le moyen le plus réel d'organiser la prostitution que d'accepter des jeunes gens se ballader dans nos rues à la recherche du moindre euro. Il est certes facheux d'encourager la prostitution, mais plus hygiénique est de contrôler ce plus vieux métier du monde en offrant aux clients un lieu de plaisir propre et salubre. Faute de quoi, nous  embarquerons ces dames aux beaux talons aiguilles en auto-stop pour leur faire violence. " Les prostituées " ne sont ni des kleenex jetables de notre soif sexuelle , ni des réprouvées enchaînées à notre compassion. Elles sont femmes,  mères faisant ce métier pour nourrir un mari, une famille. Elles ont besoin d'un lieu digne et rassurant. Cela,  permettra à ces " prostituées "  d'être loin des on-dit et proche des contrôles de santé.

     En rouvrant ces maisons closes, ces jeunes femmes se sentiraient plus " humaines ". Elles ne demandent pas de sentiments. Non. Un regard, un toit et la loi, ça suffira ! Souvent ces femmes qui sont dans ce domaine sont déracinées et  leur trajectoire biographique est complètement ignorée par les autorités publiques. Peu à peu, elles s'arrangent tant bien que mal à se reconstruire de leur condition. La brutalité coupable mal conduite dont elles sont victimes de la part de la  police réveille parfois  le sentiment contraire des lois de la république. Et, face à cela, l'obligation de l'Etat de préserver un domaine fragile s'impose.

    Nous savons tous qu'il n y a pas toujours d'équilibre dans le sexe, chacun y prend son plaisir. Mais de grâce , bordel , ne réfusons pas ce plaisir aux autres.

                

              Fridolin Delmach MAKOSSO