" Reste, je ne t'aime plus ". Pour emprunter la formule de  Racine " Va, je ne te hais point ."  L'amour, toujours l'amour et quand il nous prend, on perd la tête, on oublie les autres et on croit qu'on est seul sur terre. L'amour solitaire. L'amour triste quand il survit à la haine. La haine quand elle prend le dessus sur l'amour. Aimer,haïr. Comment savoir si ces deux verbes ne disent pas la même chose ?. Comment savoir si en découdre avec l'autre n'est pas le seul moyen de se découdre de lui qui vous colle à la peau ?. Quand l’extinction de la vie sonne à notre porte, quand l’amour s’éteint, on est cueilli comme par une balle perdue. Comme un civil, sans avoir rien vu venir,  se trouvant sur le champ de guerre, tombe dans une confrontation absurde. Les belligérants, incapables de reconnaitre leur tort, se jettent la patate chaude. Double erreur pour ceux qui ignorent les droits de la guerre, ou les droits dans la guerre. C’est comme l’amour. On se croit invincible, planer dans un monde de rose où l’harmonie et l’entente font foi de croyance. Et pour autant  l’un comme l’autre aiguise son arsenal pour mettre un terme aussi vite au conflit : La séparation. Il n’y en a pas de meilleur. Toutes sont douloureuses, même celles qu’on attend le plus.

  Voilà que j’écris sur Rodrigue Tchiapy comme il écrit lui-même, multipliant les « comme », cherchant les mots  pour dire sa douleur  suite à une séparation d’avec une fille qu’il croyait comprendre, aimer. Empruntant les images pour atténuer sa souffrance, mon cher Rodrigue parle juste ; frappe fort pour expliquer ce qu’il a fait  et ce qu’il resterait à faire pour mener à bien son amour perdu. Il n’avait pas seulement une vision, mais un style.

  «  Rodrigue et Jacquita »  est l’histoire tragique et burlesque d’un homme et une femme qui ne peuvent ni se quitter, ni rester unis. Passionné des médias, de la lecture, du sexe, lui passe son temps à jouer à la Nintendo ; elle range dans une étagère ses livres de méditation. A voir clair, c’est un couple difficile. Les deux, sont des amoureux en fin de droits. Ils n’en finissent pas de finir une passion triste et glauque. C’est elle qui veut partir car elle a rencontré quelqu’un sur internet. Le pauvre Rodrigue, ne sachant que dire propose à sa tendre copine de faire un voyage en amoureux, loin de leur ville, pour oublier le souci et les méfaits que la séparation peut causer. Jacquita, droite dans ses bottes ne veut pas l’entendre de cette oreille. Elle a programmé un rendez-vous avec son nouveau mec. Ballade sur les champs Elysées, sur le champs de mars, enfin dans Paris. Comme toujours, dans ces cas, ce sont les femmes qui ont le dernier mot. Ce sont elles qui sont assez fortes pour partir.

        Avant que cette lente destruction mutuelle atteigne ce couple ; Rodrigue travaillait comme Manager dans une entreprise d’informatique. Et suite à un plan de restructuration, l’entreprise a décidé de les licencier. Aujourd’hui, après tant de CV et lettres de motivations envoyés, Rodrigue plonge dans l’ennui et noie son désarroi à jouer aux consoles avec ses copains. Jacquita, elle est aide-soin dans un petit hôpital privé.  Ils vivaient si bien leur relation de couple que à première vue rien ne pouvait manquer aux besoins quotidiens. Depuis, ce couple oscille entre une séparation impossible et nécessaire et une rupture possible mais non nécessaire. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent et pas plus ce qu’ils ne veulent plus, et se jettent à la tête des vêtements, des rancœurs, des désirs, des coups, des mots, dans un dialogue d’une justesse absolue. "

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                        A suivre !

                      

             Fridolin TCHEKHOV

P/S: Ce billet serait ,Dieu voulant,  le début d'une longue histoire d'écriture. " Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure coïncidence "