Chaque jour qui passe décolore pourtant le cliché simpliste d'un coeur obstiné à aimer. Nous semblons nous ventrouiller aux délices du bonheur lorsque le coeur trouve son semblable ,quitte à précipiter à l'image de Ben Ali en Tunisie, croyant rouler la population dans la farine, s'est fait roulé avec sa famille. Tous ou presque poursuivront le même objectif : Celui d'aimer ou d'être aimé. l'homme ne parle que de ça, le cherche partout, mais semble le refuser : à la griserie et à la fusion succèdent l'écoeurement et l'hostilité. Alors qu'est-ce que l'amour ? Qui en parle et l'éprouve le mieux ? Qui en a trouvé la clé ? C'est quoi le syndrome d'Othello ou quand la jalousie devient une maladie ? Des philosophes se sont penchés sur la question, des penseurs ont essayé de répondre et même le defunt Claude Chabrol en a fait un merveilleux film - du reste qui a inspiré ce billet, car je viens de regarder le film  à peine à  2h du matin sur une chaine de la TNT.                                                     Dans ce film L'enfer ( 1994 ), très bien joué, Paul ( François Cluzet ) a tout pour être heureux. Rien ne le résiste et devient même propriétaire de l'auberge où il travaillait. Son épouse Nelly ( Emmanuelle Béart ) avec qui ils ont eu un enfant, est l'une des plus belles femmes de la région. Seulement la vie de Paul ne tourne plus comme il voulait car il subit la concurrence des autres aubergistes et se confronte à des problèmes de dettes .Il se met à boire de plus en plus, et surtout il est persuadé que sa femme Nelly le trompe. Paul finit même par entendre des voix qui le lui affirment, jusqu'à en devenir littéralement fou.

        Après ce film, je me suis posé cette question : Est-ce possible qu'un bon mari devienne un homme suspicieux et jaloux ?

   "Il y a six ans, Jacquita Niong, alors âgée de 50 ans, prenait l'avion pour le Congo afin d'aller assister aux funérailles de sa mère. À son retour, 10 jours plus tard, son mari, Rodigue, n'était plus le même homme. À peine eut-elle franchi la porte qu'il la pressa en chuchotant de le retrouver pour discuter dès que les enfants seraient au lit. «J'ai cru qu'il allait m'annoncer qu'il avait rencontré quelqu'un d'autre, qu'il avait une maîtresse», dit Jacquita.
En fait, c'était plutôt de son infidélité à elle dont il voulait lui parler, de sa certitude qu'elle le trompait. Et il avait des preuves, lui assura-t-il en lui montrant un sac d'épicerie contenant des photos, factures et comptes de téléphone, le tout accompagné de lettres d'amour conservées par Jacquita depuis son adolescence. «C'était si ridicule que j'ai tout d'abord pensé qu'il s'agissait d'un malentendu.» Mais son conjoint d'ordinaire rationnel semblait convaincu que toutes ces «pièces à conviction» étaient autant de preuves des nombreuses infidélités de sa femme. S'est ensuivi un interrogatoire en règle. Ce numéro sur le compte de téléphone était-il celui d'un amant ? Fréquentait-t-elle toujours cet ami d'adolescence ? Ces balles de golf, les avait-elle achetées pour en faire cadeau à un autre homme ? À qui appartenait le numéro griffonné sur ce bout de papier?  «J'avais beau fournir des explications logiques à chacune de ses questions, aucune ne semblait le convaincre. Cette nuit-là, nous avons passé des heures à regarder tout ça.»                                                                 Les accusations injustifiés se poursuivirent le lendemain et au cours des jours suivants. Rodrigue se mit bientôt à appeler sa femme au travail, angoissé par la découverte d'autres indices de son infidélité. Il entreprit de fouiller son sac à main et de passer son agenda au peigne fin, vérifiant au passage les poches de son manteau et les vêtements de sa garde-robe. Il se mit même à la suivre au travail, se stationnant à proximité de son bureau pour la prendre la main dans le sac alors lorsqu'elle irait dîner avec un autre homme. Peu a peu, il en vint à négliger son travail, sombrant de plus en plus dans l'alcool et dans son délire paranoïaque

    Après lecture de ces histoires, on s'aperçoit pourquoi les Français sont les plus pessimistes du monde.Ils ne croient pas en eux, ni en leur avenir. Pourquoi leurs rélations amoureuses sont les plus compliquées et souvent induisent à un comportement scrogneugneux.

    C'est à dessein que j'ai mis le synopsis de ce film pour faire comprendre que l'incompatibilité d'humeur pertube de façon incontestabble la réussite  d'un couple et parfois crée des soupçons. Mais le saut brutal d'une incompatibilité jusqu'à la rupture du couple n'a qu'une seule explication : Le manque de dialogue. Chez certains hommes , la suzeraineté cramponnée de leur milieu les empêche de prendre des décisions importantes. La femme n'a d'autres mot que de se taire. Ce machisme exageré entraine une lassitude dans le comportement de la femme , quels que soient ses mérites réconnus, et la haine montant ira trouver l'étincelle du coup de grisou. C'est ce que les philosophes auraient tendance à démontrer  avec  " l'hypothèse de la crisatallisation " c'est à dire l'hypothèse selon laquelle l'autre n'est pas un autre, qu'en somme il ne s'agit que d'amour propre, et que l'autre n'est jamais qu'une fabrication d'un coeur épris , in A la recherche du temps perdu, Marcel Proust.

    A  mediter :

                       « C’est un cocu et c’est pour cela que je le trompe ». Sacha Guitry

      Fridolin Delmach TCHEKHOV