" Fallait-il accepter que j'écrive ces mots? Fallait-il que je me taise et dire comme tous : " circulez y a rien à 
voir ! " . On ne se méfie jamais assez de la police de la pensée. Notamment partout, où elle veille, tatillonne, à ce que personne ne se hasarde en dehors des passages cloutés.
La dernière cible de cette vocifératrice maréchaussée : Votre humble serviteur. 
Au sécours ! J'écris dans un style nu ! 
Mon crime, cultiver l'ambiguïté - en tout cas c'est ce qu'on me reproche . 


Hier encore au Congo, dans les rues et avenues, dans les n'ganda, VIP et Boites de nuit, personne ne pouvait savoir que je venais de France. Je me fondais dans la foule. Je répugnais toujours à parler de moi. J'étais comme eux, ces Congolais qui voyaient la richesse passer entre leur nez ; se taisaient et ne pouvant jeter l'opprobre à cette classe politique qui ne mérite nullement mon respect. J'étais comme eux. Ces Congolais ne trouvant pas l'argent du taxi, préferant prendre le bus. Ce qui me préoccupait : Manger, boire et danser. Le viatique au Congo. En clair, j'étais trop simple, humble m'ont répris en boucle tous ceux qui ont su que je venais de France.

Aujourd'hui, arrivé en France, il paraît que l'orgueil veille sur moi. On me dit égocentrique, vaniteux, arrogant, hautain, prétentieux, orgueilleux... régarder des gens de haut. Tous ces adjectifs que je réchigne ! Toute ma trajectoire biographique est parsemée par une seule dévise : " Servir d'abord " . Toute ma vie, j'ai souhaité cacher ces adjectifs que je ne saurais voir. Toute ma vie, je me bats que l'un devient l'autre . 

 

    C'est notre tartufferie qui nourit la haine "